LA MÉTAIRIE NOBLE ET LE CIMETIÈRE DE MAULAY

Nous avions inclus dans notre circuit des journées européennes du patrimoine la métairie noble de Maulay et le grand cimetière attenant. Mais nous avions mal apprécié le temps nécessaire pour chacune des étapes et avions décidé sur le terrain de couper au court.
Nous avons donc souhaité vous les présenter dans cet article.

                                               

 

extrait de la carte de Cassini avec le symbole maison ferme                                   extrait du cadastre Napoléonien archives 79 3 P 227/5 section B2

Si la métairie noble de Maulay figure au cartulaire de Saint-Maixent en 1269, elle fut par la suite jusqu'à la révolution propriété de l'abbaye de Celles sur Belle. Elle présentait un important ensemble de bâtiments dont certains munis de meurtrières. Les vestiges les plus anciens ont disparu au milieu des années 1950 et l'ensemble assez disparate souffre d'un manque d'entretien depuis longtemps.
Comme beaucoup de biens d'églises cette métairie était exploitée par des familles protestantes au 18ème siècle. Les protestants étaient réputés pour leur force de travail et leur probité.

C'est ainsi que la famille Texier bénéficiât  d'un bail à ferme en 1754. La date est prouvée par le baptême  au Désert, par le pasteur Gamain, le 6 novembre 1654 de Jean Texier né à Maulay. Son frère aîné Jacques François était né lui l'année précédente à la Poinière de Beaussais.

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La famille était toujours à Maulay lors de la vente de la métairie comme bien national en 1791. L'acte de vente indique que le bail à ferme en cours a été consenti le 29 avril 1789 par acte reçu par maître Nourry notaire à Saint Maixent . 

La propriété, une maison, ses dépendances et 200 boisselées de terre,  fût acquise par Louise Julie Jard-Panvilliers pour 23 300 livres. Après elle, 3 propriétaires se sont succédés jusqu'à nos jours . Mais la famille Texier a cultivé Maulay de 1754 à 1922/1923 sans jamais en être propriétaire. Des terres furent acquises sans doute mais pas l'entité. En témoignent les recensements de population indiquant toujours le chef de famille comme fermier et non propriétaire. Outre cette métairie les descendants Texier et leurs collatéraux par mariage affermaient les métairies de La Baudouelle, de La Gaucherie et le moulin de Douhault. Tous lieux situés dans le même secteur.

Pendant cette longue période la famille a utilisé le cimetière familial qui jouxte la métairie : 266 Mceints d'un mur en pierres maçonnées et plantés en fond de grands chênes. Les premiers inhumés sont très certainement François Abraham Texier (11 mars 1828) et de sa belle-fille Suzanne Marché (25 novembre 1825) . mais on ne peut  exclure que les parents de François Abraham , décédés avant la proclamation de l'édit de tolérance,  n'y ont pas été inhumés. 
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De fait il est vraisemblable que la partie arrière du cimetière soit occupée par des tertres devenus invisibles. Les sépultures avec monuments ne sont implantés que dans les 2/3 de la surface et la plus ancienne datée de 1858. Seulement 11 tombes sont encore visibles, organisées en 3 rangées parallèles pour 3 branches de la famille ; la dernière inhumation date de 1931 : il s'agit de François Texier qui demeurait au décès à Argentières à Prailles, dont l'épouse Françoise Chauvineau était décédée en 1909 à Maulay et inhumée au même lieu.

Le cimetière était en très mauvais état et pratiquement impénétrable quand une descendante et adhérente, Annette Moynault, a décidé d'en confier la restauration et l'entretien à notre association 2012-2013 en mémoire de ses ancêtres.