JOURNÉES EUROPÉNNES DU PATRIMOINE 2026 L'HERBAUDIÈRE À SAIVRES

Nous étions associés cette année avec nos amis de Augé, Saivres, Azay Patrimoine et paysages pour la présentation du château de l'Herbaudière à Saivres. Nous y avons accueillis 80 personnes avec l'aimable autorisation de monsieur Jean-Louis Juchault que nous remercions chaleureusement.
Merci à Bernadette Samoyau , présidente d'ASA patrimoine et paysages, pour l'ouverture de l'après-midi et à , Philippe Bourdet , vice-président de l'ASCFP, pour sa présentation de l'architecture, des familles et des arbres. Nous avons choisi ici de ne vous parler que des familles et des arbres. 
Inscrit partiellement MH 4/10/1994, seigneurie mentionnée dès 1344. La construcion actuelle : 4ème quart du 16ème , 1er quart 17 ème , 1ère moitié du 19ème

.Propriété de familles protestantes depuis la fin du 16ème siècle il a conservé sa  cour fermée, par les communs, la porterie, le pigeonnier et les tours.

 

Tout d'abord la famille de Neuport qui ortait "Burelé d'or et d'azur" (voir le linteau de la porte en haut de l'escalier de l'aile de communs de gauche, donnant accès au pigeonnier);  Ce patronyme ppuvant  signifier "nouveau port" serait d'origine flamande; à rapprocher des Prudh'omme d'Hailly de Nieuport, vicomtes de Nieuport, famille de Flandre occidentale / Belgique ?  Les Neuport se seraient fixés dans cete région du Poitou au XVème siècle :  le 20/03/1464 est mentionné à Saint-Maixent Jean de Neuport, qui en 1493 sera qualifié de sgr de Lèrebaudère.

Vers 1599 Philippe de Neuport  (+ avril 1630), époux de Marguerite Prévost,  "pris par la contagion de la bâtisse, chargea des entrepreneurs de démolir le vieux logis seigneurial et de le remplacer par une gentilommière à la mode (...) et ses armes furent placées  en plusieurs endroits" (cf Hipault-Ruffigné).

Le 4/02/1608 sa fille aînée Renée  (+ vers 1635), de religion protestante,  épousa Pierre Tutault (+ 1623), sgr de La Charpenterie et de La Creuse, "religionnaire, religion protestante" (cité par J. Rivierre);

 La Famille Tutault : 
​Fils unique du couple , Philippe Tutault, sgr de L'Herbaudière, "protestant, mauvais converti",  (Rivierre); époux le 5/12/1669 de Marie-Louise Aubry, d'où : Philippe-Louis (+ 24/11/1738), maintenu noble et écuyer le 20/02/1715 , qui hérita de ses biens et mourut célibataire - dernier du nom;  Son demi-frère utérin, Louis Alexandre Gigou , "suppliat" le lieutenant général de police de la sénéchaussée de permettre son inhumation. On peut imaginer qu'il a pu être inhumé dans l'enceinte de l'actuel cimetière de la propriété...

.Après extinction de la branche Tutault le domaine passe aux Guichard d’Orfeuille, enfants du 2ème lit de Renée de Neuport. Protestants ils abjurent après la révocation de l'Édit de Nantes et sont même inhumés dans les églises de Gourgé et Chiché.  Ils n’habiteront pas l’Herbaudière .mais en resteront propriétaires jusqu'à la révolution.On les retrouve sur Gourgé, Parthenay ou encore Poitiers.

A partir de 1740 ce sont les fermiers généraux qui vont demeurer  à l'Herbdière et ils se succèdent comme on peut le reconstituer en consultant les rôles de la Taille de la paroisse de Saivres ainsi que par les écrits de M Hipault-Ruffigné.. Tous catholiques sauf les Vandier.

-Charles Avrain 1747, 1748 propriétaire au Magnou (11 enfants qui lui valent une réduction de 34 livres sur la taille) ; son fils Jacques Louis fut fermier général du prieuré Saint Barthélémy à Azay .

-Jacques Disleau, Pierre Disleau 1752,

-Pierre Proust , gendre de Disleau et les héritiers de celui-ci 1753, 1755 

-Noël et Jacques Louis Denis 1758, 1763 

-Pierre Archambault et consorts 1774, 1777 pour une partie

-la famille Vandier . 1777 pour le logis et dépendances  

-Jacques Vandier et son fils 1783 logis et dépendances et portions des métairies 

Le château fut vendu comme bien national à la révolution et acquis aux enchères pour 68000 francs par Louis Vandier qui en était  alors le fermier général ..

Dans sa descendance sa petite-fille Marie Clorinthe Vandier épousât Louis Jonas Bonnet originaire d’Azay, fabricant, d’où Émile François Bonnet maire de Saivres, conseiller général, député, professeur de droit, avocat, à l’origine de la créationde la laiterie de Cascarie. (cousin du maire d’Azay de l'époque). Il demeurait à l’Herbaudière. Décédé en 1921. à Poitiers

​Le parc à l'arrière du logis est une création du 19ème siècle  : 

- trois cèdres de L'Atlas (Cedrus atlantica), ou cèdre argenté ou cèdre bleu; ; autre specimen dans la commune, dans le cimetière de la famille Redien au village de Lugné; pouvant atteindre 30 à 40 mètres de haut, c'est un "cousin marocain" du cèdre du  Liban, dont les premiers furent plantés par Jussieu en 1734 pour le baron de Livenne à Ballans (17),  et en 1754 au jardin de Plantes de Paris; autre exemplaire de 1810 dans la cour de l'ex-archevêché de Tours (actuel musée des Beaux-Arts). Le parc du château d'Oiron  dans le nord du département des Deux-Sèvres présente encore 4 fort beaux spécimens.

Cette variété de cèdre apparut en France au siècle suivant grâce au botaniste Adrien Sénéclauze (1802-1871) de Bourg-Argental, qui commença à 17 ans une collection de conifères; le premier à parvenir à le bouturer à grande échelle, en 1839;  en 1854 il créa un arboretum pinetum. En 1871, à son décès, sa collection entre autres, 300 variétés de conifères. La Bibliothèque Nationale de France a d'ailleurs réédité en 2020 son ouvrage "les conifères, monographie descriptive et raisonnée de la collection complète des conifères (1867)".
En 1848, le médecin républicain vendéen Benjamin Clémenceau (+ 1897) en fit son "arbre de la Liberté", qu'il planta  un avec son jeune fils dans sa propriété familiale de Mouchamps (85), où depuis l'arbre surplombe les tombes jumelles du père et du fils.  

 Ces arbres de prix furent parfois plantés par les notables afin de marquer la naissance de leur futurs héritiers; autre specimen dans la cour d'une maison bourgeoise de l'ex-bourg d'Argenton-Château.

- derrière ces trois  grands arbres, double (jadis triple) pied de séquoias (Sequoioideae), nom mentionné pour la première fois en 1847 par le botaniste autrichien Stephan Endlicher dans son ouvrage Synopsis Coniferarum

Au bout de la propriété on peut découvrir le cimetière  la tombe la plus ancienne identifiable est celle de Louis Vandier, décédé le 24 août 1829. Ce qui en fait un des monuments funéraires les plus anciens parmi ceux relevés par l'association dans les cimetières familiaux. Cela n'exclut pas des inhumations antérieures sans monuments, simples tertres effacés par les années.. Une partie de ses enfants et petits-enfants y prendront place jusqu'en 1884. Pour plus de détails se reporter à la fiche correspondante de l'inventaire sur notre site.
Merci à Philippe Bourdet pour son brossage des plus efficaces sur les monuments !

      

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Les associations organisatrices ont offert le traditionnel verre de l'amitié accompagné de tourteaux, fouaces et galette. Merci aux bénévoles qui ont assuré la préparation et le service .
Vous y étiez retrouvez les photographies  , vous n'y étiez pas ... découvrez les ! merci aux photographes dont Vincent Geoffret